Dossier de préparation — article les-enjeux.com

Cette page n’est pas une synthèse de plus. C’est un outil de rédaction : les chiffres prêts à citer, leur source, leur niveau de confiance, et surtout les phrases qu’on ne peut pas écrire en l’état.


L’angle, en une phrase

Ce n’est pas le joueur qui contourne le blocage. C’est l’opérateur, en amont, avant que le joueur ait quoi que ce soit à faire — et il lui suffit pour cela d’acheter un nom de domaine.


La démonstration, sans jamais parler de VPN

L’objection habituelle à toute critique du blocage est connue : « les joueurs déterminés contourneront de toute façon ». Elle suppose que l’échec vient du joueur. Nos données montrent qu’il vient d’avant.

Suivons un joueur qui ne fait rien de particulier. Pas de VPN, pas de changement de résolveur DNS, aucune connaissance technique. Il tape une requête dans un moteur de recherche.

Étape 1 — Il cherche, et il trouve

Requête : « machance casino connexion officiel ». Sept résultats en première page. Un seul figure dans un ordre de blocage.

Nous avons répété l’exercice sur dix marques prioritaires, avec la requête que formulerait un joueur. 84 résultats, 8 sous ordre de blocage. Neuf sur dix sont librement accessibles.

Le joueur n’a rien contourné. Il a utilisé un moteur de recherche.

Étape 2 — Il clique, et il est acheminé

Les domaines qu’il trouve sont, pour l’essentiel, des pages de captation : « Avis France 2026 », « Lien officiel de connexion », « Est-il légal et sûr ? ». Elles ne tiennent aucune caisse. Elles redirigent.

Sur dix marques testées, huit redirigent vers un autre domaine. Et les plateformes ainsi atteintes ne sont pas bloquées : winhero.com, casinozer15.io, 34evav91.com servent un casino en argent réel, en français, à une adresse IP française, sans aucune restriction géographique — et ne figurent dans aucun ordre.

Le joueur n’a toujours rien contourné. Il a cliqué sur un lien.

Étape 3 — Il s’inscrit

À ce stade il est sur une plateforme non bloquée, en français, qui accepte l’euro. L’ordre de blocage existe bien : il porte sur un domaine que ce joueur n’a jamais visité.

Pourquoi cela se reproduit indéfiniment

Parce que la marque bloquée n’est pas l’opérateur. Le numéro de licence 1668/JAZ couvre à lui seul Casinozer, MaChance, PlayRegal et Unique Casino. La société Eirian N.V apparaît sur MaChance, Unique et VegasPlus. Bloquer un domaine ne touche ni la licence, ni la société, ni la caisse.

Le coût du remplacement est connu : un nom de domaine, quelques euros. Le coût de la réponse est une décision administrative. Le rythme observé le confirme : 72 jours d’intervalle médian entre deux décisions sur une même marque, et pour Casino Extra 22 décisions en trois ans et deux mois, soit une toutes les six semaines.

Et le renouvellement est documenté dans nos relevés : 52 nouveaux miroirs et 33 opérateurs en zone grise, actifs, en français, absents de toute liste.

Ce que nous écartons volontairement de la démonstration

Nous n’utilisons pas le chiffre le plus spectaculaire de notre corpus — les 55 % de domaines bloqués qui répondent encore lorsqu’on les interroge. Pour y accéder, un joueur devrait changer de résolveur DNS. C’est trivial, mais c’est un acte de contournement.

Nous l’écartons pour que la démonstration tienne sans lui. Elle tient : un joueur qui ne contourne rien du tout atteint l’offre illégale en deux clics.


Partie 1 — L’efficacité des blocages

Les cinq chiffres qui portent

ConstatChiffreSourceConfiance
Le blocage ne tue pas les sites55 % des 2783 domaines bloqués répondent encoresondage HTTP direct, une requête par domaineélevée
Passé deux ans, le taux ne bouge plus80 % debout à 3-6 mois → 62 % au-delà de 24 moiscourbe de vitalité par ancienneté de décisionélevée
L’ANJ doit revenir sans cesse72 jours d’intervalle médian entre deux décisions sur une même marquedates du fichier officiel ANJélevée
Aucun résolveur public n’applique le blocage5 résolveurs sur 5 résolvent 100 % de l’échantillonrequêtes DNS directesélevée
Le déréférencement laisse passer l’essentiel84 résultats de recherche, 8 sous ordre de blocage10 requêtes types de joueurmoyenne — voir la réserve

Le chiffre le plus parlant : Casino Extra

22 décisions de blocage en trois ans et deux mois. Intervalle médian entre deux décisions : 43 jours. Minimum : 18 jours. Sur l’ensemble du corpus, l’intervalle minimal observé est d’un jour.

Mis en regard du coût d’un nom de domaine — quelques euros — c’est l’argument économique central : l’asymétrie est totale.

Les autres chiffres utilisables

  • 2783 domaines pour 483 marques, soit 5.8 domaines par marque.
  • 47 marques ont fait l’objet de décisions étalées sur plus d’un an.
  • 14 marques sanctionnées il y a plus d’un an sont encore visées dans les six derniers mois.
  • 88 domaines actifs ciblant la France ne figurent dans aucun ordre de blocage — dont play-regal-casino.app, score de ciblage France de 100 sur 100.
  • Le fichier officiel de l’ANJ contient une date impossible, 31 avril 2026.

Le constat structurel, pour le corps de l’article

Les domaines les plus « français » de la liste noire ne sont pas des casinos : leurs titres disent « Avis France 2026 », « Lien officiel de connexion », « Est-il légal et sûr ? ». Ce sont des pages de captation référencées qui redirigent vers une salle. Sur dix marques testées, huit redirigent vers un autre domaine.

Trois de ces destinations ont été vérifiées une par une — servies en français, à une adresse IP française, sans restriction géographique, et dans aucun ordre de blocage : winhero.com, 34evav91.com, casinozer15.io.

L’action porte sur la vitrine, pas sur la salle. C’est la formule de l’article.


Partie 2 — Les acteurs présents des deux côtés

Ici il faut être précis, parce que trois questions distinctes sont régulièrement confondues. Elles n’ont pas le même statut de preuve.

Ce qui est établi : les marques de paiement servent les deux marchés

Moyen de paiementSites agréésSites bloqués
Visa5414
Mastercard5412
Skrill2279
NETELLER2253
Virement SEPA2222
paysafecard3167
Apple Pay4143
CASHlib1130
Neosurf1122
Jeton2104
Google Pay2103
Solana (SOL)189
PayPal485
Carte bancaire (CB)257
Paysafe225
Brite14

16 moyens de paiement apparaissent à la fois sur l’offre agréée et sur l’offre bloquée. Le groupe Paysafe est le cas le plus large : paysafecard, Skrill, NETELLER et Paysafe figurent tous les quatre des deux côtés.

Deux moyens ont un ancrage physique en France : Neosurf et CASHlib, coupons achetés en espèces chez un buraliste — un agréé et respectivement 122 et 130 sites bloqués.

Réserve indispensable. Ne comparez pas les deux colonnes comme un rapport. Sur 24 domaines agréés, seuls 18 ont répondu à notre sonde et 7 ont livré des moyens de paiement exploitables : les grands opérateurs filtrent les requêtes venant d’un centre de données. L’échantillon agréé est donc très sous-observé. Ce qui est établi est qualitatif — ces marques sont présentes des deux côtés — et non quantitatif.

Ce qui n’est PAS établi : les prestataires techniques

À l’échelle des passerelles réellement appelées par les pages, nous n’observons aucun recouvrement. Du côté agréé : Adyen, Checkout.com. Du côté bloqué : PaymentIQ, CoinsPaid, Zotapay, Changelly, MoonPay. Deux mondes distincts dans nos relevés.

Mais ce résultat est fragile, pour la même raison que ci-dessus : nous n’avons que deux détections du côté agréé. Conclure « les prestataires ne se recouvrent pas » serait une erreur de méthode. La formulation juste est : nous n’avons pas pu l’observer.

Un piège dans lequel nous sommes tombés, et qu’il faut éviter

Notre détection de plateformes a d’abord signalé BetConstruct comme présent sur 4 domaines agréés et 5 domaines bloqués — un cas de double présence apparemment parfait.

Vérification faite, les cinq domaines « bloqués » sont lcb.org, casinos.cc, lecasinobonus.fr, casinoenlignelive.com : des portails d’affiliation qui mentionnent BetConstruct dans leur contenu éditorial. La détection par mot-clé ne distinguait pas un fournisseur d’une citation.

BetConstruct équipe bien quatre sites agréés français — circusbet.fr, daznbet.fr, olybet.fr, vbet.fr. Mais aucune double présence n’est établie. Si cette information circule ailleurs, elle vient probablement du même artefact.

Les homonymies : réelles, à traiter comme des questions

Marque agrééeTitulaire de l’agrémentMarque bloquéeURLsDécision
betsson.frBETSSON FRANCE SABETSSON604/06/2026
feelingbet.frFeeling PublishingFEELINGBET202/04/2026
feelingbet.frFeeling PublishingFEELINGBETS109/06/2026

Ces faits sont documentés et sourcés : la marque est agréée en .fr, et une marque de même nom fait l’objet d’un ordre de blocage.

Ce que nous ne savons pas : si les domaines bloqués appartiennent au même groupe, ou s’il s’agit d’une usurpation par un tiers. La différence est considérable et nous ne l’avons pas tranchée. Un article ne peut poser la question qu’après avoir sollicité les intéressés.

Le cas de l’usurpation, lui, est solide

45 URLs bloquées se présentent comme la Française des Jeux sans lui appartenir, dont 11 domaines répondent encore. Même motif pour Casino Partouche (79 URLs). La victime est une entreprise française identifiée, qui dispose de ses propres recours en contrefaçon de marque, cumulables avec l’action de l’ANJ.


Ce qu’il faudrait faire — proposition

Ce qui suit est une proposition argumentée, pas un constat. Nous n’avons mesuré l’effet d’aucune de ces mesures : nous avons mesuré l’échec de celles en place, et identifié où se trouvent les points de résistance.

Le critère de tri

Une mesure ne compte que si elle change l’asymétrie économique. Aujourd’hui un domaine coûte quelques euros à l’opérateur et une décision administrative au régulateur. Toute mesure qui laisse ce rapport intact déplace le problème sans le traiter — y compris « bloquer plus vite » ou « bloquer plus de domaines ».

1. Viser le titulaire, pas le domaine

Le constat qui le fonde. Un numéro de licence offshore couvre plusieurs marques : 1668/JAZ en couvre quatre parmi les plus grosses du corpus français. Une société en couvre plusieurs autres. Ces numéros sont publiés par les opérateurs eux-mêmes dans leurs mentions légales, et vérifiables auprès du registre offshore.

Ce que cela permet. Une décision qui nomme le numéro de licence et la société exploitante, assortie d’une obligation permanente de blocage pour tout domaine s’y rattachant, remplace des dizaines de décisions successives par une seule. Le cycle de 72 jours disparaît : ce n’est plus le domaine qui est visé, c’est le titre.

Ce qu’il faudrait vérifier avant. Que le droit actuel permet de fonder une décision sur un faisceau licence + société plutôt que sur une URL. C’est une question juridique que nous ne tranchons pas.

2. Renverser la charge sur le canal d’acquisition

Le constat. Neuf résultats sur dix qu’un joueur obtient ne sont pas bloqués. Les comparateurs, eux, sont stables : les mêmes domaines servent successivement des dizaines d’opérateurs, pendant que les domaines d’opérateurs tournent tous les deux mois.

Le précédent existe déjà. La liste noire contient 69 sites de promotion — des comparateurs, des sites d’« avis » — et non des opérateurs. Agir sur le canal n’est donc pas une extension théorique des pouvoirs de l’ANJ : c’est une pratique établie, antérieure à la décision Polymarket.

Le point d’appui le plus solide. Neuf de ces canaux sont des domaines français légitimes parasités — le site d’un praticien de santé, celui d’une association sportive, celui d’un organisateur de séjours pour enfants. Leur exploitant est identifiable, joignable, et relève du droit français. C’est exactement ce que l’opérateur offshore n’est pas.

3. Le levier financier, là où il a un ancrage français

Le constat. Deux moyens de paiement du corpus ont un point de vente physique en France : Neosurf et CASHlib, coupons achetés en espèces chez un buraliste, annoncés par respectivement 122 et 130 sites bloqués. Le virement SEPA, annoncé par 222 sites, suppose un compte bénéficiaire nommable.

Pourquoi c’est différent du reste. Un opérateur curaçaoen est hors d’atteinte. Un réseau de distribution de coupons en France ne l’est pas : il a un émetteur, un distributeur, des points de vente, et il est soumis au droit français.

Le modèle transposable : la Pologne. Son dispositif n’est pas une liste de décisions mais un registre. Les prestataires de paiement ont interdiction de servir un domaine inscrit, avec trente jours pour cesser. Le levier financier y est automatique, là où il reste discrétionnaire ailleurs. C’est le mécanisme le plus directement importable de notre comparaison européenne.

4. Anticiper au lieu de réagir

Certificate Transparency. Tout certificat TLS émis est journalisé publiquement, souvent avant que le domaine ne serve. Surveiller les radicaux des marques connues permettrait de détecter le prochain miroir à son émission, et non des semaines après sa mise en ligne. Nous n’avons pas branché cette source : c’est une extension identifiée, peu coûteuse.

Les 171 domaines en .fr. Le corpus en compte 171. L’extension nationale relève de l’AFNIC, qui applique ses propres règles et peut être saisie directement. C’est une voie distincte de celle des fournisseurs d’accès, et plus radicale : un domaine supprimé au registre ne se contourne pas en changeant de résolveur.

5. Un registre européen par marque, pas par domaine

Le constat, mesuré. Nous avons croisé la liste française avec l’italienne et la belge. Les domaines ne se recoupent qu’à 8,5 % — chaque opérateur crée des noms par marché. Les marques se recoupent à 33 % : 151 des 452 marques bloquées en France figurent dans la liste italienne.

Et 502 radicaux de marque connus de l’Italie sont inconnus du référentiel français, avec au moins trois domaines chacun.

Conséquence. Partager des listes de domaines entre régulateurs européens n’apporterait presque rien. Partager un registre de marques, de sociétés et de numéros de licence multiplierait la couverture de chacun. C’est le résultat le plus contre-intuitif de ce travail, et le plus directement actionnable au niveau européen.

6. Combler le point aveugle : le prestataire réel

Tout ce qui précède sur les paiements porte sur ce que les sites annoncent. Le prestataire qui traite réellement les flux ne se révèle que sur la page de caisse, après création de compte. Sans lui, pas de saisine possible au titre du blocage des flux financiers.

C’est la première chose à établir, et elle est à portée : il s’agit d’une visite mystère, pratique déjà employée par les régulateurs.

Ce qui ne marchera pas

MesurePourquoi elle échoue
Bloquer plus de domaines, plus vitene change pas le rapport entre quelques euros et une décision administrative
Bloquer sans toucher ni la licence ni la caissel’opérateur conserve son titre et sa trésorerie ; seul son enseigne change
Partager des listes de domaines entre régulateursrecoupement mesuré à 8,5 % : les domaines sont nationaux
Compter sur l’extinction naturellela courbe de vitalité atteint un plateau à deux tiers et n’en descend plus

Les vecteurs publicitaires

Mesuré sur 2 189 captures conservées.

VecteurNatureOffre illégaleOffre agréée
Google Analyticsmesure3547
Google Tag Managermesure31614
Meta — pixelremarketing370
Microsoft Advertising — UETconversion250
Smartico (CRM iGaming)CRM70
TikTok — pixelremarketing51
Google Ads — balise de conversionconversion31
Meta — API de conversionsconversion30

Le constat qui compte : le modèle d’acquisition est organique, pas payant. Les balises de conversion publicitaire sont rares — trois sites pour Google Ads. Quand neuf résultats de recherche sur dix ne sont pas bloqués, acheter de la publicité est un coût inutile.

Conséquence : interdire la publicité des opérateurs illégaux ne toucherait qu’une minorité du dispositif. Le déréférencement viserait le canal principal, et c’est celui qui échoue.

Une anomalie à creuser : 25 sites illégaux portent une balise Microsoft Advertising contre aucun site agréé. C’est le second vecteur de conversion du corpus, devant Google Ads. Nous n’avons pas d’explication établie.

Une confirmation : le pixel Meta 1807322459572484 est partagé par LEJACKPOT et MEGAJACKPOT, deux marques que notre regroupement avait déjà fusionnées sur des indices distincts.

Ce que nous n’avons pas pu mesurer. Si des annonces sont effectivement diffusées. Nos requêtes au centre de transparence de Google renvoient « aucune annonce » — mais le témoin 1xbet.com, annonceur mondial massif, renvoie la même chose : notre méthode est fausse, le résultat n’est pas négatif. La bibliothèque Meta, elle, exige une connexion. Une rédaction peut obtenir les deux accès ; un serveur anonyme, non.

L’ampleur de notre mesure

À citer si l’article s’appuie sur nos chiffres. Détail sur la page dédiée.

MesureNombre
Domaines sondés en HTTP, depuis une IP française2 206
dont requalifiés au navigateur après refus de pare-feu519
Captures de pages conservées, horodatées et empreintées2 706
Certificats TLS relevés2 154
Observations DNS11 698
Empreintes techniques15 681
Rails de paiement observés6 672
Domaines de listes étrangères croisés12 507
Pièces justificatives2 726

Les phrases que vous pouvez écrire telles quelles

  • « 55 % des domaines sous ordre de blocage de l’ANJ répondent encore lorsqu’on les interroge. »
  • « Passé deux ans, la proportion de domaines encore debout ne descend plus : elle se stabilise autour de 62 %. »
  • « Pour Casino Extra, l’ANJ a dû prendre 22 décisions de blocage en trois ans, à un rythme médian d’une toutes les six semaines. »
  • « Aucun des cinq résolveurs DNS publics testés n’applique le blocage : changer de résolveur suffit à retrouver l’accès. »
  • « Sur dix marques, huit font atterrir le joueur sur une page de captation qui le redirige vers une salle que les ordres de blocage ne visent pas. »
  • « Seize moyens de paiement sont présents à la fois sur l’offre agréée et sur l’offre bloquée. »
  • « Sur 84 résultats obtenus pour les requêtes qu’un joueur formulerait, 8 seulement figurent dans un ordre de blocage. »
  • « Un joueur qui ne contourne rien — ni VPN, ni changement de résolveur — atteint l’offre illégale en deux clics. »
  • « Le numéro de licence 1668/JAZ couvre à lui seul Casinozer, MaChance, PlayRegal et Unique Casino. »
  • « Les listes de blocage française et italienne ne se recoupent qu’à 8,5 %, mais leurs marques se recoupent à 33 %. »
  • « Neosurf et CASHlib, coupons achetés en espèces chez un buraliste français, apparaissent sur plus de 120 sites bloqués chacun. »

Les phrases que vous ne pouvez PAS écrire

Ne pas écrirePourquoiFormulation acceptable
« Skrill accepte les paiements sur 279 sites illégaux »nous avons relevé le logo affiché, pas une transaction« 279 sites bloqués annoncent accepter Skrill »
« BetConstruct équipe des sites illégaux »artefact de détection, vérifié et écarténe rien écrire
« Betsson opère un site illégal »l’homonymie est établie, le lien capitalistique non« une marque homonyme fait l’objet d’un ordre de blocage »
« Les prestataires de paiement des deux marchés sont distincts »échantillon agréé trop faible (2 détections)« nous n’avons pas pu observer de recouvrement »
« 90 % des sites échappent au déréférencement »nos requêtes ne sont pas localisées en France« 90 % des résultats obtenus ne figurent dans aucun ordre »
« X domaines de MaChance, donc X casinos »ce sont majoritairement des pages de captation« X domaines, dont une majorité de pages de captation »

Encadré méthode, à publier avec l’article

Les données proviennent de deux fichiers publiés par l’ANJ — la liste des ordres de blocage et celle des opérateurs agréés — enrichis par une observation technique de chaque domaine : une requête HTTP, depuis une adresse française, avec un agent identifié. Aucun compte n’a été créé, aucune somme déposée. Les moyens de paiement relevés sont ceux que les sites annoncent publiquement.

Deux limites sont assumées. Le blocage étant mis en œuvre par les fournisseurs d’accès, dont les résolveurs DNS sont fermés aux non-abonnés, sa vérification exige un point d’observation résidentiel dont nous ne disposions pas. Et une partie des sites refuse les requêtes venant d’un centre de données : ces refus sont comptés comme des infrastructures actives, jamais comme des sites morts.

Droit de réponse — à solliciter avant publication

QuiSur quoi
ANJl’efficacité mesurée du dispositif ; les domaines actifs hors liste que nous avons identifiés ; la date impossible du fichier
Paysafela présence annoncée de Skrill, NETELLER et paysafecard sur des centaines de sites bloqués
Neosurf, CASHlible contrôle de la destination des coupons vendus en France
Betsson France, Feeling Publishingl’homonymie avec une marque bloquée
FDJ, groupe Partouchel’usurpation de leur marque, et les recours engagés
BetConstructsa fourniture à quatre opérateurs agréés — et, le cas échéant, sa politique sur les marchés non régulés

Pour aller plus loin

Trois choses manquent, et elles sont identifiées :

  1. Le prestataire réel de chaque site bloqué. Il ne se révèle que sur la page de caisse, après création de compte. Voir le plan de relevé en caisse.
  2. Le taux de blocage réellement appliqué par les FAI, qui demande une connexion résidentielle française.
  3. Le lien capitalistique derrière les homonymies, qui demande des registres de sociétés.

Sources et données : effectivité du blocage · comparaison européenne · couche corporate · phase caissier · cartographie des paiements · zone grise · méthodologie