Comparaison avec les autres régulateurs européens

Ce qui a pu être récupéré

JuridictionAutoritéDomainesForme
FranceANJ2783CSV public, à jour
ItalieAgenzia delle Dogane e dei Monopoli11676fichier texte public
BelgiqueCommission des jeux de hasard820liste en page, Moniteur belge
PologneMinisterstwo Finansówéchantillonregistre paginé derrière anti-robot
DanemarkSpillemyndigheden870 depuis 2012communiqués, pas de liste

Un mot sur la Pologne, parce que son dispositif est le plus intéressant : c’est un registre, pas une liste de décisions. Les prestataires de paiement ont interdiction de servir un domaine inscrit, avec trente jours pour cesser, et les opérateurs télécoms doivent rediriger vers une page du ministère. Le levier financier y est donc automatique, là où il reste discrétionnaire ailleurs.

Le résultat principal : les listes ne se transfèrent pas

RecoupementDomainesPart de la liste française
France ∩ Italie2418,5 %
France ∩ Belgique1224,3 %
Les trois562,0 %

Seuls 8,5 % des domaines bloqués en France le sont aussi en Italie, alors que l’Italie en bloque quatre fois plus. Ce n’est pas un défaut de coordination : c’est que chaque opérateur crée des domaines par marché. rabona9.it, casinia.it, mrxbet.it pour l’Italie ; casinozer-eu.com, machance.net pour la France.

Mais les acteurs, eux, se transfèrent

NiveauRecoupement
Domaines8,5 %
Marques33 % — 151 des 452 marques bloquées en France figurent dans la liste italienne

C’est le constat utile. Les opérateurs sont pan-européens, les domaines sont nationaux. Chaque régulateur mène séparément la même course, sur son propre jeu de noms.

Conséquence directe : partager des listes de domaines entre régulateurs n’apporterait presque rien. Partager un registre de marques et de numéros de licence multiplierait la couverture de chacun.

Vérification : les listes étrangères livrent-elles des cibles françaises ?

Nous avons testé, plutôt que de le supposer.

Au niveau du domaine : presque rien. Sur 90 domaines bloqués en Italie ou en Belgique, rattachables à une marque déjà bloquée en France et absents de la liste française, trois seulement ciblent la Francemrxbet.app (score FR 70), mrxbetz.com (55), stakes.com (50). Les autres sont italiens, néerlandais, britanniques, ou morts.

En cherchant les domaines explicitement localisés pour la France dans les listes étrangères, on en trouve 20 absents de la liste française. Après sondage, deux sont vivants et francophones : familygame-fr.com (bloqué en Belgique, score FR 65) et europoker.fr (bloqué en Italie, domaine en .fr). Les autres sont des entrées anciennes — la liste italienne accumule depuis des années et n’est pas purgée.

Au niveau de la marque, le gisement est réel : 502 radicaux de marque de la liste italienne sont inconnus du référentiel français, avec au moins trois domaines chacun. Les plus gros : LSbet (61 domaines), Astekbet (44), TrueLuck (30), Sportaza (22), RollingSlots (21), GambleZen (20), HugoCasino (17), Rooli (17).

Sur vingt-quatre de ces marques testées, deux servent du français à notre sonde : new.betaland.com (score FR 67) et betrebel.com (47). Les autres opposent une restriction géographique ou ne servent que l’italien — ce qui ne signifie pas qu’elles ne visent pas la France, seulement qu’elles ne le font pas depuis l’adresse d’un centre de données.

TrueLuck mérite une note : absente de la liste française, trente domaines dans la liste italienne, et déjà repérée par ailleurs comme promue à un public francophone lors de notre collecte sur l’écosystème d’affiliation. Deux chemins indépendants, même cible.

Ce que la comparaison établit

  1. Les listes de domaines ne sont pas transférables entre régulateurs.
  2. Les référentiels de marques et de licences le sont, et largement.
  3. La France bloque quatre fois moins de domaines que l’Italie, mais sur un périmètre qui lui est propre : le chiffre ne mesure pas une intensité d’action, il mesure un découpage.

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